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Une SICAV pour un environnement inflationniste.

Dossier spécial inflation

Des Sicav pour un environnement inflationniste

Une SICAV pour un environnement inflationniste.

L‘inflation est de retour ! Ce phénomène n’a rien d’anodin pour vos placements. D’après une récente enquête menée par Natixis IM auprès de 500 investisseurs institutionnels à travers le monde, 69 % d’entre eux jugent qu’il s’agit d’un danger majeur pour les portefeuilles cette année.

Déjà peu rémunérateurs, les placements sans risque vont désormais offrir un rendement réel négatif. Les livrets, le fonds en euros de l’assurance vie ou encore les supports monétaires – ou même obligataires -, bien notés vont donc vous faire perdre de l’argent. Il faudra au minimum obtenir 2 % en 2022 pour espérer couvrir au moins le niveau attendu d’inflation.

Et encore, il s’agit du scénario le plus optimiste. Après l’emballement que nous avons connu en 2021, les stratégistes anticipent une normalisation de l’inflation dans le courant de cette année. Un schéma qui pourrait toutefois être remis en cause notamment en cas de restrictions renforcées pour contrer le variant Omicron.

Il faut donc trouver des placements qui rapportent au-delà. « Compte tenu du contexte de marché avec des taux toujours bas, il existe aujourd’hui très peu d’alternatives aux actions , prévient Geoffroy Lenoir, directeur de la gestion des OPC d’Aviva Investors France. Mais il ne faudra pas s’attendre à reproduire en 2022 les performances de 2021. » En Bourse, la répercussion d’une hausse des prix diffère en fonction d’un choc d’offre ou de demande. Actuellement, c’est plutôt la première situation qui domine avec des retards d’approvisionnements et des pénuries de matériaux liés à la reprise post-confinement.

Du côté des actions, cela favorise certaines entreprises cotées, notamment celles dotées d’un pricing power, c’est-à-dire du pouvoir d’imposer leurs prix. Du côté des obligations, seules les moins bien notées (soit le high yield) restent rémunératrices. Mais attention au phénomène de remontée des taux d’intérêt qui peut détruire leur performance. De même, une trop forte hausse des prix n’est pas sans conséquence. « Dans les régimes hyper-inflationnistes, autour de 5 % d’inflation core (c’est-à-dire hors prix de l’alimentation et de l’énergie), les performances des actions sont dans l’ensemble négatives », prévient Clémence Dachicourt, senior portfolio manager chez Morningstar. Dans ce cas de figure extrême, les obligations seraient elles aussi largement pénalisées en dehors de celles indexées sur l’inflation.

L’objectif : un rendement qui couvre au moins le niveau de l’inflation

Dernière option, se tourner vers des valeurs dites refuges. « Historiquement, le cuivre, l’énergie ou l’or ont été des actifs très protecteurs face à l’inflation », précise John Plassard, directeur adjoint de la banque Mirabeau. Miser sur des fonds liés aux matières premières a d’ail leurs été une solution gagnante en 2021. Cette stratégie pourrait encore fonctionner cette année. Dans la même catégorie, mais en beaucoup moins volatils, les actifs dits réels, permettent d’immuniser un portefeuille contre l’inflation. Ce sont des placements stables dans le temps qui regroupent l’immobilier coté, les infrastructures, les ressources naturelles et même le private equity ( voir Focus, p. 38) . Pour vous aider à faire les bons choix, voici une sélection de six fonds.

Données arrêtées au 12-01-2022. Source : Six.

Allianz Multi Rendement Réel, priorité aux actifs très tangibles

Proposé par Allianz Global Investors, ce fonds de fonds diversifié s’est focalisé, dès sa création en 2003, sur des placements protégeant un portefeuille contre l’inflation. Il investit sur la thématique des actifs à rendement réel, c’est-à-dire les ressources naturelles (forêt, eau, énergie solaire…), l’immobilier coté, les infrastructures, les mines d’or, les obligations indexées sur l’inflation…

« Sur un univers à travers le monde d’environ 5 000 fonds répondant à notre critère d’actifs réel, nous en retenons une vingtaine, les meilleurs dans chaque catégorie », explique son gérant, Thiebaut de Buyer. Autre avantage de ce support, il sélectionne très largement des fonds concurrents, les produits maison ne pesant actuellement que 10 % des encours. Pour l’heure, il est très exposé au solaire (Luxembourg Selection Fund Active Solar), aux énergies propres (RobecoSAM Smart Energy) ou encore à l’eau (Pictet-Water).

Code Isin : FR0000992349 Cours : 2 950,04 € Perf. 2021 : + 10,94 % Perf. 5 ans : + 37,35 %

Amplegest Pricing Power, focus sur les valeurs en capacité de s’adapter

Eligible au PEA, ce fonds d’actions de la zone euro d’Amplegest s’en remet à un seul mantra : investir dans les sociétés qui ont un pouvoir de fixation des prix (pricing power). Depuis une quinzaine d’années, son gérant, Gérard Moulin, a développé un modèle pour identifier les entreprises capables de maintenir leur marge et de répercuter toute hausse des prix sur leurs clients. Pour cela, il se concentre sur des valeurs dotées d’une marque reconnue, d’un savoir-faire précis, d’une avance technologique ou encore évoluant dans un secteur présentant de fortes barrières à l’entrée. Une stratégie qui a fait ses preuves en période d’inflation.

A ces critères s’ajoutent une analyse des fondamentaux économiques, de la valorisation des titres ainsi qu’une méthodologie propriétaire pour la dimension ESG (environnement, social, gouvernance). Labellisé ISR, le fonds se compose actuellement de moins de trente titres dont les principaux sont ASML, Essilor-Luxottica, Eurofins Scientific ou encore Ferrari.

Code Isin : FR0010375600 Cours : 298,64 € Perf. 2021 : + 17,69 % Perf. 5 ans : + 55,12 %

Axa WF Fram. Global Real Estate Securities, place à l’immobilier coté

Cette Sicav sélectionne des foncières cotées aux Etats-Unis, en Australie, au Japon et en Asie ou encore en Europe. « Sur un univers de 350 valeurs éligibles, nous privilégions celles qui bénéficient d’une croissance portée par des tendances structurelles de long terme comme la digitalisation, l’e-commerce, le vieillissement de la population », détaille Frédéric Tempel, son gérant.

Si la résurgence de la pandémie peut peser sur les centres commerciaux (détrônés par l’e-commerce) ou encore les bureaux (vidés par le télétravail), ce produit s’intéresse à d’autres segments de l’immobilier coté. Son portefeuille se compose de 70 à 80 titres dans les entrepôts (Duke Realty, Prologis), les centres de données (Equinix), les logements étudiants (Xior Student Housing) ou encore les biens liés à la santé (Healthpeak Properties). « Sur un horizon d’au moins deux ans, les foncières cotées ont une performance très corrélée à celle de l’immobilier alors qu’à court terme elles évoluent au gré des annonces sur les marchés comme n’importe quelles valeurs boursières », ajoute Frédéric Tempel.

Code Isin : LU0266012235 Cours : 184,57 € Perf. 2021 : + 36,70 % Perf. 5 ans : + 38,13 %

CPR Focus Inflation,un support de pure protection

Ce fonds proposé par CPR AM a pour particularité d’investir uniquement dans des emprunts d’Etat américain et des pays cœur de la zone euro (France, Allemagne… ) indexés sur l’inflation. « Une obligation française indexée sur l’inflation de maturité à 10 ans rapporte encore moins qu’une obligation française nominale de même maturité (qui offre actuellement 0 %). Mais cet écart est compensé par la prise en compte, sur la durée de vie du titre et lors du remboursement de la créance, du niveau d’inflation effectif », explique Christophe Dehondt, gérant chez CPR AM. Ce type de fonds est donc très adapté en période inflationniste (mais beaucoup moins quand l’inflation est nulle voire négative).

Autre atout : le fonds est couvert contre les risques de taux, de crédit et de change. Il utilise pour cela des produits dérivés. C’est donc un support obligataire décorrélé des marchés traditionnels. Seul bémol, les obligations indexées sur l’inflation ne sont pas adaptées à un marché très volatil et incertain, les investisseurs leur préférant les obligations à taux fixe.

Code Isin : FR0010832469 Cours : 70,08 € Perf. 2021 : + 9,88 % Perf. 5 ans : – 5,13 %

Schelcher Global High Yield, un produit de rendement

Se tourner vers les obligations à haut rendement peut être une bonne option pour obtenir une performance supérieure à l’inflation sans prendre trop de risque. Toutefois, il faut se montrer sélectif, 85 % des émissions ne rapportant aujourd’hui pas plus que l’inflation aux Etats-Unis.

Ce fonds figure parmi les plus robustes sur ce segment. Il sélectionne de 120 à 150 émetteurs à l’international, essentiellement sur des créances libellées en euro, même si 30 % du portefeuille peut être investi dans d’autres devises (dollar, livre sterling…) couvertes contre le risque de change. « Depuis le Covid, nous avons réduit la duration du portefeuille tout en sélectionnant des sociétés moins bien notées, précise Frédéric Salomon, responsable de la gestion de taux de Schelcher Prince Gestion. Actuellement, nous apprécions les acteurs du secteur du transport maritime ou aérien ou encore les banques. » Peu volatil et bien diversifié, ce support vise à limiter la casse en période de baisse et à profiter du moindre rebond sur les marchés.

Code Isin : FR0010560037 Cours : 197,02 € Perf. 2021 : + 4,15 % Perf. 5 ans : + 18,20 %

Schroder ISF Global Energy, un fonds actions sur les pétrolières

Après des années de disette, les actions liées à l’énergie ont connu un boom spectaculaire en 2021. La remontée du cours du pétrole – le prix du baril de Brent a progressé de plus de 40 % l’an passé – a largement tiré le marché. Ce fonds, géré depuis 2003 par Mark Lacey au sein de Schroders IM, en a profité. Il s’intéresse surtout aux petites et moyennes valeurs de l’énergie aux Etats-Unis, au Canada, au Royaume-Uni et en Europe et plus marginalement dans les pays émergents. Très volatil et risqué, ce support en sélectionne une cinquantaine parmi les meilleures en termes de bilan, de croissance et celles censées survivre à la transition énergétique.

Partant du principe que les combustibles fossiles représentent encore 85 % du mix énergétique mondial, le fonds prend uniquement des paris sur des groupes pétroliers et gaziers (BP, Coterra Energy, Eni, Royal Dutch Shell…). Un prisme qui peut être porteur à court terme en cas d’inflation prolongée sur les matières premières. Mais sur une longue période, il s’agit de valeurs peu vertueuses et mal aimées des investisseurs en Bourse. Il ne faudra donc pas hésiter à se tourner aussi vers des produits misant sur les énergies propres, comme le solaire, l’éolien…

Code Isin : LU0374901568 Cours : 12,14 € Perf. 2021 : + 59,37 % Perf. 5 ans : – 30,34 %